Repartir après le confinement

A l’heure où l’on cueille les fraises, les asperges, les artichauts, je viens cueillir les auditeurs, à la veille du déconfinement.


Je viens cueillir les humeurs, les sentiments, les états d’âmes.

Dans quel état j’erre? Dans quel état êtes-vous?

Comment vous vous sentez après 2 mois de confinement?

Dans quel état sont vos pensées, votre psychologie, votre enthousiasme, votre élan de vie?


A force de baigner dans le négatif, la peur, dans l’angoisse, dans la séparation, dans la frustration.

A force de baigner dans les polarités: la maladie/ la santé, le sale/le propre, le loin/ le près, l’enfermé/le libéré et autres clivages noir/blanc…

A force de ne pas pouvoir serrer ceux que vous aimez dans vos bras, de ne pas pouvoir souffler, de ne pas pouvoir vous amuser spontanément.

A force de vous ratatiner physiquement, de blanchir à vue d’oeil, de vous limiter à votre périmètre d’1 km carré.

De ne plus vous enrichir de passions, de sports, de voyages, de découvertes, de surprises de la vie.


Dans quel état êtes-vous et comment va votre moral?


Je viens vous cueillir, vous ramasser à la petite cuillière. C’est Ok. C’est ok d’être éparpillé façon puzzle, de plus trop savoir comment on s’appelle, ce qu’on veut vraiment, de se poser mille questions sur l’avant, sur l’après, sur la vie. C’est parfaitement OK. Notamment parce que vous gardez la tête haute, pour ne pas affoler vos enfants, vos petits-enfants, vos amis, vos équipes.

Vous faites semblant de tenir le cap, vous jouez le rôle de tuteur, de directeur, de capitaine.

Vous tenez le cap alors que vous ne savez même plus ce qu’il y a de l’autre côté de la boussole. Vous ne savez même plus dans quelle direction vous allez, et vous ne savez plus si cette direction, c’est celle que vous voulez.


C’est absolument OK de se demander quel est le sens de tout ça: la vie, le travail, la famille.

De se demander si vos habitudes contrariées étaient si intéressantes que ç? Est-ce que ça vous manque réellement de ne plus pouvoir aller chez le coiffeur toutes les 3 semaines? Vous avez survécu!


Est-ce que c’est si grave de ne pas être parfaitement coiffé, coloré, épilé? De ne plus pouvoir consommer, shopper, acheter les vêtements dernier cri?

Est-ce si grave finalement de ne plus malbouffer, trop gras, trop sucré, trop bondé?

C’est vous qui savez.


Qu’est-ce qui va rester de tout ça?

Ce que vous décidez! Comme vous l’avez toujours fait!


Aujourd’hui c’est le 10 mai. Paraît que demain c’est le déconfinement… Bon… ce n’est pas flagrant. Ce n’est pas libéréeeeee délivréeeeee comme vous en rêviez.

C’est peut-être seulement maintenant que vous allez découvrir ce qui se joue vraiment.

Voyez, comme lorsque vous jouez à faire des boules de neige, sans gants. Au début ça va, au milieu aussi, et puis passé un stade, vous ne sentez plus vos doigts. Alors vous les fourrez dans vos poches, ou vous rentrez au chaud, collé à la cheminée. Et là, la chaleur revient, c’est là que ça fait mal, que le sang circule à nouveau dans les veines, dans les doigts. La décongélation des doigts, ça picote, ça rappelle que vos 10 doigts sont importants.

Le déconfinement, c’est pareil. Ni trop vite, sinon on se brule, ni trop lentement, sinon on souffre trop longtemps.

Décongélation, déconfinement, même combat. Ce qui compte c’est de bien rester connecté à ce que vous voulez vraiment.

Prenez soin de vous!



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